Loin des collectionneurs passionnés et fortunés du début du XXè siècle pour qui la rentabilité d’une œuvre d’art n’était pas forcément un critère de choix déterminant, une nouvelle génération de « collectionneurs-investisseurs » a vu le jour au début des années 80.

Son évolution a connu depuis de nombreux rebondissements… Mais avant de parler de placement, il est important de comprendre comment la valeur d’une œuvre d’art ou de collection peut être évaluée.

La cotation d’une œuvre d’art

Autant le dire, la cotation au jour le jour d’une œuvre d’art est absolument impossible.

La première difficulté réside dans le fait que, sur le marché de l’art, seulement un quart des transactions provient de ventes aux enchères dont on peut déduire, éventuellement, une tendance de prix. A ce titre, des grandes maisons comme Drouot, Christie’s et Sotheby’s, des revues spécialisées ou des cabinets d’expertise éditent des bulletins offrant l’évolution d’un certain nombre de pièces ou styles.

Le reste des échanges concerne des ventes de gré à gré pour lesquelles aucune étude ou statistique concrètes ne peuvent être menées. Même la tentative d’établir un parallèle entre les deux domaines d’activité s’avère à priori impossible car une œuvre vendue en galerie n’atteint généralement pas le même prix que si elle est mise aux enchères…

La valeur d’une œuvre d’art est donc en partie liée à des valeurs subjectives ou affectives, irrationnelles ou opportunistes.

Les différents facteurs de valeur

Le marché de l’art est un peu volatil. Un certain nombre de facteurs peuvent donc influencer le prix d’une œuvre d’art ou de collection…

Les qualités intrinsèques d’une œuvre d’art sont bien évidemment des facteurs essentiels comme la notoriété de l’artiste, l’authenticité, la rareté, la période, le sujet, la qualité, la provenance, la conservation…

La tendance permet de définir une fourchette de prix en fonction de ventes d’œuvres comparables par le passé. Ceci permet d’influencer l’adjudiction lors d’une vente aux enchères.

Les effets de mode comme un film, un roman à succès, une biographie, un hommage ou une commémoration peuvent créér un phénomène d’engouement pour un artiste, un style ou une époque.

Le lieu de la vente peut faire varier la valeur d’une œuvre lors d’une vente aux enchères ou en galerie. On assiste ainsi à une véritable « spécialisation » de certaines villes dans le monde.

Le contexte économique avec la fiscalité, les taux de change entre pays où les crises économiques peuvent impacter le marché de l’art, mais dans des proportions bien moindres que les marchés boursiers.

L’offre est intimement liée à la quantité d’œuvres disponibles. La demande se focalise autour des institutions publiques dont la part d’achats est en constante augmentation, et de la demande privée suivant des critères esthétiques et financiers…

Comment choisir une œuvre d’art ou de collection ?

Si on ne dispose d’aucun soutien « technique » ou d’une bonne connaissance du marché de l’art, l’acquisition d’une œuvre peut s’avérer délicate. Il faut tout d’abord établir la différence entre l’ancien et le contemporain.

Par définition, le nombre de pièces anciennes est limité. Les pertes liées au temps et les acquisitions par les musées ont également contribué à entretenir leur rareté tout en maintenant des prix élevés et une augmentation relativement constante. Certains marchands ont d’ailleurs redynamisé ce marché en cherchant dans le passé des artistes, des époques ou des styles méconnus. En revanche, leur authenticité reste primordiale.

L’art contemporain est, quant à lui, beaucoup plus difficile à appréhender car plus subjectif, sujet à des effets de mode sporadiques et largement internationalisé. L’hégémonie américaine tend également à brouiller les pistes car l’offre contemporaine se développant au cœur du marché le plus porteur, l’acheteur potentiel doit se déplacer pour choisir ou acquérir une œuvre. Investir dans l’art contemporain équivaut souvent à faire une sorte de pari sur un artiste et suivre son évolution, sans aucune garantie de succès…

L’art, un positionnement particulier

Certains investisseurs dans le marché de l’art préfèreront toujours acheter la qualité et l’exceptionnel. D’autres sont prêts à accepter de faibles plus-values au profit de satisfactions intellectuelles et esthétiques.

La fiscalité avantageuse liée à la possession d’œuvres d’art ou de collection peut également être un facteur déterminant pour une majorité d’acheteurs.

En conclusion, qu’il soit un bon placement ou une passion, le marché de l’art demeure un secteur très intéressant dans lequel il n’est pas forcément nécessaire d’engager des sommes importantes pour assurer une bonne plus-value.